PROFILS DE PAUVRETE VILLAGEOIS
ET  ETUDE  REGIONALE

Analyse selon l’Approche des Moyens d’Existence Durable

RAPPORT D’ANALYSE REGIONALE
REGION ANALANJOROFO  

INTRODUCTION

L’étude des moyens d’existence durable des ruraux pauvres réalisée dans treize régions de Madagascar s’est inscrite dans le cadre de la préparation du nouvel Exposé des Options et Stratégies d’Intervention pour le Pays (COSOP). Elle s’est basée sur l’approche des moyens d’existence durable (AMED) qui cherche à relier les facteurs de vulnérabilités et le milieu institutionnel et les politiques, les stratégies et les aspirations des différents groupes au sein de la population. Tous ces éléments jouent sur l’interaction entre les différents niveaux (la personne, la famille, la communauté, les organisations, les collectivités territoriales et l’État). L’AMED vise à valoriser les forces et les dynamiques des pauvres et à faciliter leur intégration dans les processus de développement.

Cet exercice s’est déroulé sur le terrain avec pour priorité de donner la parole aux pauvres afin de connaître leurs forces, aspirations, contraintes, vulnérabilités et les facteurs qui influencent leurs moyens d’existence. Donner la parole aux pauvres permet, dans un premier temps, de dégager les dynamiques de vies, leurs stratégies et capacités de résilience face aux chocs et vulnérabilités, de comprendre les mécanismes relationnels avec le monde extérieur (famille, collectivité locale, institutionnel,…). Elle permet également d’identifier les catégories et les problématiques propres des différents groupes, y compris les plus vulnérables, d’obtenir un éclairage concret des thématiques liées la pauvreté, d’identifier des mécanismes afin que leur voix soit entendue et devienne partie intégrante des stratégies de développement durable tant au niveau local que régional.

Dans un deuxième temps, les résultats sont discutés au niveau de la communauté, et au niveau communal et régional, afin de dégager des éléments de réflexion qui s’appuient sur ces dynamiques sociales. Ils orientent la réflexion sur la recherche de mécanismes pouvant contribuer à la réduction des inégalités entre les différentes couches sociales au sein d’une même communauté en mettant un accent particulier sur l’inclusion sociale des plus pauvres. D’autre part, il est essentiel d’assurer une articulation réelle avec les politiques de croissance en inscrivant les orientations et les stratégies pro pauvres dans une vision communale, régionale et nationale.

1. LA CAPITALE MALGACHE DES GIROFLES

Etendue sur une vaste superficie de 22 380 km2, la Région d’Analanjiröfo est composée de six (6) districts dont Fénérive-Est, le chef lieu de la Région, Vavatenina, Soanierana Ivongo, Mananara-Nord, Maroantsetra et l’île Sainte Marie. Ces districts sont divisés en 63 communes dont 10 nouvellement crées. Elle est délimitée au nord par le district d’Antalaha ( Région SAVA), au sud par le district de Toamasina II ( Région Atsinanana), à l’Ouest par les districts de Mandritsara ( Région Sofia), d’Andilamena et d’Ambatondrazaka ( Région Alaotra- Mangoro) et à l’Est par l’Océan Indien.

La population de la Région, à dominance Betsimisaraka, est estimée à 816 167 pour une densité moyenne de 36,24 hab./ Km2 inégalement répartie entre les 6 districts qui la composent. Le taux d’accroissement naturel qui est de l’ordre de 3,2 % est relativement élevé par rapport à la moyenne national qui est de l’ordre de 2,8%. Cette proportion démographique constitue pour la région une opportunité pour la croissance économique dans la mesure où elle favorise son capital humain en matière de force de travail. Toutefois, sa répartition inégale est ressentie comme une contrainte pour certains districts comme Mananara-Nord qui a besoin d’un main d’œuvre agricole plus élevée lors de la saison des récoltes de vanilles ( mois de juillet) et surtout des clous de girofle ( mois d’octobre).

Elle reste très jeune avec près de 48% en dessous de 15 ans et la tranche de 0 à 4 ans représente 19%. Ce qui sous-entend un nombre élevé de charges sur la population active (taux de dépendance économique), sur les femmes (rapport femmes/enfants) et surtout en termes de besoin en nourriture face à la baisse croissante du niveau de productivité. Cette situation entraîne la conquête de nouvelles terres (tavy et défrichement) et favorise l’exode rural. Les études qualitatives destinées à évaluer le niveau de pauvreté dans la Région ont donné le profil suivant : 5,3% de riches, 28,5% de moyens, 59,5% de pauvres et 6,7% de très pauvres. 62% de la population sont sous alimentées durant les périodes de soudure (mois de janvier au mois de mai).

La Région est à vocation rurale puisque 80 % du revenu des ménages proviennent principalement des activités agricoles ( Culture de rente, riziculture sur bas fonds ou sur brûlis, cultures vivrières et cultures fruitières). Par ailleurs une partie du revenu de la population provient de ses énormes potentialités en produits halieutiques (Sainte Marie et le littoral Est de Fénérive-Està Maroantsetra) ainsi que de ses richesses écotouristiques ( Maroantsetra) et touristiques ( principalement Sainte Marie).

Cependant, parmi les différentes cultures de rentes pratiquées, le girofle fait la renommée de la région ; son appellation « Analanjirofo » signifie littéralement « aux forêts des girofliers ». De cette potentialité économique, elle est « la capitale malgache du girofle ».

Le circuit de commercialisation reste cependant désarticulé à cause de l’insuffisance des routes d’évacuation des produits. La qualité des produits d’exportation ne correspond pas toujours aux normes exigées sur le plan International et donc facilement battu par la concurrence au niveau de la scène mondial : ces deux facteurs (circuit commercial et qualité des produits) constituent les faiblesses de la Région en matière en matière de productions agricoles.

Le climat de la Région appartient au climat de la côte est de Madagascar qui est du type tropical chaud et humide avec une forte pluviométrie, influencé par le vent du secteur Est, vent d’Alizé.

La Région reçoit presque tout au long de l’année une précipitation caractéristique de la région intertropicale humide, occasionnée par sa position naturelle, exposée au vent d’Est, et borde l’Océan Indien. La pluviométrie est répartie entre 180 et 300 jours par an. Durant l’été austral, entre mois d’octobre et mois de mai, la Région reçoit de très forte précipitation avec une moyenne mensuelle pouvant aller de 80 à 160 mm. Par contre, d’Avril en septembre, saison relativement sèche, elle connaît un climat relativement frais avec des précipitation moins importantes qu ‘en saison humide. Le climat est assez homogène au niveau de la région, caractérisé par l’abondance des précipitations apportées par les courants d’Est. Sur le littoral, à Mananara-nord, la pluviométrie, est moins abondante durant la saison sèche avec le mois le plus sec en novembre (82mm) et le plus humide en février ( 383 mm) ; à Maroantsetra, elle atteint parfois jusqu’à 3000mm et détient le record absolu en volume de précipitation à Madagascar en raison de condition de site assez particulière : les vents s’engouffrent dans le baie d’Antongil, canalisés par des parois rapprochées qui se ferme en cul-de-sac obligeant le courants à une vive ascendance. La précipitation mensuelle peut parfois atteindre 700 à 800mm de pluie durant les périodes cyclonique qui fait augmenter davantage la quantité de pluie.

Comme toutes les régions ayant le climat du type bioclimatique perhumide chaud, il fait presque chaud toute l’année, et la température moyenne est de 25°C sur le littoral. La période la plus chaude se trouve au mois de Janvier, avec une température moyenne de 27,7°C, et les mois les plus frais se situent en Juillet et Août avec une température moyenne de 22,2°C .

En définitive, le climat de la Région appartient au climat de la côte-est de Madagascar. Dominé par une très forte humidité et une chaleur constante, le climat de la Région d’Analanjirofo conditionne beaucoup la morphologie des plaines alluviales et permet toute une gamme de cultures riches destinées à l’exportation.

L’élevage à cycle court est une des sources de revenus des paysans. Il est maintenant en expansion suite au lancement progressif par le PSSA et le PSDR du petit élevage à cycle court : aviculture, apiculture et porciculture. L’amélioration de la technique devra être envisagée pour l’élevage de volaille. Par contre l’intensification de l’élevage bovin nécessite une délimitation de pâturage pour ne pas causer des préjudices aux nouvelles cultures (cas de nouvelle culture de rente telle que la vanille). Il n’existe aucun problème notable pour la race locale très rustique mais elle nécessite les soins réguliers préconisés par le service compétent. La forte potentialité en matière d’élevage et de pèche de la Région, en tant qu’activités secondaires, a un impact sur la vie économique.

La pêche et l’aquaculture sont des activités relativement développées dans la Région. Le prix plus élevé des poissons d’eau douce par rapport au poisson de mer favorise l’opportunité de développement de la pisciculture. Plusieurs espèces de poissons d’eau douce existent : carpes, tilapia, fibata, anguille, crabes, crevettes. Les statistiques montrent que la production de poisson d’eau douce augmente alors que le nombre d’étangs exploités reste inchangé. Ce qui démontre une maîtrise des techniques de production.

La Région possède plusieurs variétés de bois précieux en voie de disparition (palissandre, hintsina, andramena, bois d’ébène, bois de rose …). Les exploitations illégales ne cessent de s’accroître vu l’insuffisance en nombre des agents des Eaux et Forêts. Par ailleurs, les feux de brousse, le défrichement, le tavy et l’érosion des sols minent ce secteur d’activité.

Le secteur touristique possède d’énormes potentialités par l’existence de nombreux sites potentiels exploitables. Toutefois, la stratégie de promotion commerciale est très faible et les infrastructures d’accueil sont de mauvaises qualités et insuffisantes. Le site de Tampolo dans la Commune Rurale d’Ampasina Maningory district Fénérive-Est est jugé opportun pour le développement touristique de la Région, il se situe à 10 km de Fenerive Est, à proximité de la forêt de Tampolo et du lac de même nom. Un autre site opportun pour Analanjirofo est celui d’ Antsiraka. Situé dans le district Fénérive-Est, Antsiraka est un Site touristique balnéaire situé en face de l’île sainte Marie.

Les Services de Santé de la Région font un effort remarquable pour pallier leurs problèmes. Pourtant le niveau de couverture sanitaire reste encore faible dans les zones enclavées. Par ailleurs, le faible taux de fréquentation des centres constitue un handicap majeur. Souvent les décès sont dus à un retard de prise en charge, les malades consultent en premier lieu les tradipraticiens faute de service de proximité. Les centres souffrent également de l’insuffisance de personnel en qualité et en quantité. Le taux de malnutrition de la Région est estimée à 40% pour une population de 0 à 5 ans.

La couverture d’Analanjirôfo, en matière d’infrastructures éducatives, est relativement peu satisfaisante. Le nombre d’EF II ( Education Fondamentale de niveau II, ex- CEG ( Collège d’Enseignement Général)) dans toutes la Région ne couvre même pas le nombre total des communes existantes comme il devrait l’être selon la politique éducative de l’Etat. Car sur les 63 communes, 55, 9 % seulement en disposent. Ce qui traduit sa faiblesse en matière de taux de couverture d’infrastructures éducatives publiques.

Dans tous les secteurs, les passages des cyclones et des dépressions tropicales sont parmi les principaux facteurs de vulnérabilités de la population de la Région ; Car elles détruisent à néant ce qui ont été capitalisés ( sur le plan physique, naturel, financier, social, voire humain) durant plusieurs années. La Région d’Analanjirofo est exposée en permanence aux cyclones mettant ainsi en dangers constants et réguliers les producteurs et leurs productions. Néanmoins, la vulgarisation de la stratégie en matière de la prévention de aléas climatiques initiée par l’Etat et appliquée par la Région ( en tant qu’institution) et plusieurs projets ( Care International, CNS ( Commission Nationale de Secours…)) tend à diminuer les risques y afférents. La mise en place d’un système d’alerte précoce et d’une structure d’intervention qui descendra jusqu’aux communes y est vivement souhaitée.

Jusqu’en 2004, l’Administration territoriale régionale a été intégrée dans le dispositif administratif de la Province Autonome de Toamasina dont elle dépendait directement, étant donnée que selon les disposition constitutionnelles, les provinces autonomes, organisées en collectivités territoriales décentralisées comprennent des régions et des communes qui sont dotées chacune d’un organe délibérant et d’un organe exécutif. Il s’agit donc de mettre en place un cadre institutionnel favorableà la croissance économique et à la réduction de la pauvreté, et renforcer les capacités pour améliorer la gouvernance territoriale, régionale et communale. Ces dispositions visent donc entre autres à améliorer les relations entre l’Administration et les administrés en rapprochant davantage l’Administration de la population et à améliorer son efficacité. Actuellement, les provinces autonomes continuent d’exister. Dans sa structure et sa forme actuelles, elles sont pilotées par des PDS ( Présidents de la Délégation Spéciale) désignés par décret pris en conseil des Ministres, et constituent une disposition transitoire. Jouant un rôle plus politico-administratif qu’économique, la province autonome de Toamasina, où est localisée la Région d’Añalanjirôfo, veille à l’application de la politique générale de l’Etat en matière de développement et de sécurité publique. A ce titre, elle a, comme le 5 autres provinces autonomes de Madagascar, un droit de regard à la mise en œuvre de la politique de développement socio économique et culturelle dans l’ensemble du territoire où leur pouvoir est conféré. Promotrice de développement, disposant des départements « économie », « environnement » et « relations extérieures », la province autonome de Toamasina, dirigée par un Président et deux vices- présidents, participe à la vie économique des 3 régions ( dont Añalanjirôfo) qui la composent.

La Région d’Añalanjirôfo, comme les 21 autres institutions sœurs, dans sa forme et sa structure actuelles est dotée d’un statut d’une collectivité décentralisée. Rattachée directement au Ministère de décentralisation et organe tutelle des communes, elle a pour vocation et pour mission l’administration de proximité chargée d’organiser et de coordonner le développement économique, culturel et social de son territoire. L’exécutif régional est désigné par décret pris en conseil de Ministre et s’appui sur une instance délibérative qu’est le Conseil Régional. A ce titre, le Chef de Région représente l’Etat central dans l’ensemble de son territoire où le pouvoir lui est conféré ; tandis que le conseil régional, organe consultatif et délibératif, composé des personnalités issues des différents secteurs ( profession libérale, opérateurs économique, représentant des Associations et des Ong, organisations paysannes, notables, simples citoyens etc.,) est censé de représenter la population. Les membres de ce dernier sont élus par une élection ad hoc organisée par le Chef de Région. Le conseil régional, en tant qu’organe consultatif et délibératif, oriente et détermine la politique générale de développement de la région ( en conformité avec la politique générale de l’Etat) dont la mise en œuvre est réservée sous la responsabilité de l’exécutif.

Actuellement, la déconcentration du service public à mis, à la place des anciennes sous-préfectures, des districts pilotés par des chefs districts qui sont des Administrateurs rattachés directement au Ministère de l’Intérieur. Jouant un rôle plus administratif qu’économique, les districts, composés par deux ou trois adjoints ainsi que par les services rattachés représentent les organes déconcentrés de l’Etat. Jouant un rôle plus administratif et politique qu’économique, les chefs districts participent à l’organe mixte de développement du territoire où le pouvoir lui est conféré. Ils sont au nombre de 6, répartis dans chaque chef lieu de district de la région d’Añalanjirôfo.

Cette dernière est composée de 63 communes dont 10 nouvellement crées. La commune est la seule collectivité territoriale décentralisée de plein droit. Au même titre que la Région, elle est une portion du territoire national dans laquelle l’ensemble de ses habitants électeurs dirige l’activité régionale et locale en vue de promouvoir le développement économique, social, sanitaire, culturel, scientifique et technologique de sa circonscription. La commune, collectivité locale de droit public est dotée de l’autonomie financière et administrative. Ses organes, le maire et les conseillers sont élus au suffrage universel direct et ils administrent librement la commune. Dans ces conditions, les pouvoirs, compétences et ressources de la commune, bien qu’autonomes, ne doivent pas porter atteinte au rôle de la Région et de l’Etat. Au contraire, ils contribuent et s’interfèrent au développement de la Région. Le maire est le chef de l’administration communale. Mais il peut déléguer, par arrêté, sous sa surveillance et sa responsabilité certaines de ses attributions à un ou plusieurs adjoints. Le conseil communal est un organe délibératif. A ce titre, il règle par délibération les affaires dévolues par la loi à sa compétence. Parmi celle-ci figure l’orientation et la détermination de la politique de développement de la commune conformément à son plan de développement communal. Les partenaires de la commune sont la Région, le district, les organismes publics ou privés oeuvrant ou non dans sa circonscription, les Ong et la population qui la composent. Dans ce cadre, la commune est un véritable pôle de développement local et régional.

La façade orientale malgache fut jadis une porte d’entrée des diverses vagues migratoires venus dans la grande île. La Région Analanjirofo constituait à l’époque l’Antavaratra. Puis vinrent successivement des familles issues des hauts plateaux lors de l’époque royale, des créoles et des chinois lors de la colonisation française. Exceptionnellement, l’île Sainte Marie connut, depuis le XVIIème siecle la venue successive des commerçants et des aventuriers arabes, des navigateurs portugais, des pirates de différentes nationalités dont le mariage avec la couche autochtone donnèrent naissanceà des Métis, Les Malata.

Ce flux migratoire favorisa la Région, depuis le XIIème siècle, du sens de commerce et de négoce. La migration des souches diversifiées a fait de la Région un pôle d’attraction commerciale. Belionowsky entretenait déjà à Maroantsetra des échanges commerciaux avec la population locale. Les portugais et les navigateurs arabes en faisaient autant à l’île Sainte Marie. Les marchands ambulants venus des hautes terres centrales y apportaient leurs marchandises ou collectèrent des produits locaux : ils furent représentés comme des véritables opérateurs économiques.

Durant la colonisation, l’Administration coloniale a fait de la Région la principale productrice et fournisseur de produits de cultures de rentes telles que le girofle et le café, ainsi que la vanille dans la circonscription de Mananara-Nord et de Maroantsetra. Le développement de ces cultures, favorisé par l’administration coloniale pour satisfaire les besoins de la métropole d’antan a fait de la Région, jusqu’à nos jours, la capitale malgache du girofle.

L’opération Café-Poivre Girofle (OCPG) des années 70, l’augmentation considérable du prix du café en 1993, ainsi que ceux de la vanille et du girofle en 2001 ont contribué au développement spectaculaire de ces filières. A l’heure actuelle, malgré l’augmentation sensible de la production de café, nombreux facteurs empêchent sa culture à se développer. Il en est de même pour la culture du girofle qui connaît un sérieux problème au niveau de la récolte laquelle coïncide avec celle du Litchis.

La Région d’Analanjirofo est la seule qui connaît la culture de la vanille sur l’ensemble du territoire de la Province de Toamasina en raison de la présence des conditions écologiques favorablesà la plantation et d’un meilleur encadrement technique de la culture (Mananar-Nord et Maroantsetra).

L’existence des vastes plaines favorables à la riziculture des pleines et de bas fonds ( Maroantsetra, Soanierana-Ivongo, Iazafo Vavatenina) a fait de la riziculture une des principales activités agricoles de la Région. On relève actuellement 33 920 ha de riziculture des plaines et de bas fonds, 2 390 ha de riziculture sur tanety et 35 270 ha de riziculture sur tavy. Cette dernière, malgré son impact négatif sur l’environnement, garde son importance dans la production rizicole de la Région ; car elle occupe 35 270 ha de surface cultivée sur une surface totale en riz de 84 430 ha, soit une occupation spatiale de 47, 7 %.

Actuellement, plusieurs organismes et institutions sont intervenus ou interviennent dans la Région pour l’épauler dans son propre développement.

Dans leurs grandes lignes, les axes stratégiques et les objectifs spécifiques du PRD d’Analanjirofo se rapprochent des orientations générales prévues par le DSRP, en tenant compte des réalités et priorités régionales.

Ainsi, la Région se fixes 5 axes stratégiques suivantes :

-  Instaurer une politique régionale d’Administration de proximité et de mise en confiance : il s’agit de garantir un environnement favorable pour des actions de « développement rapide et durable ». L’instauration d’une décentralisation effective, la mise en œuvre d’un système d’information fiable, le désenclavement des districts et des communes rurales isolées, la re-dynamisation du système administratif pour plus d’efficacité, la mise en place d’un système de sécurité efficace, la participation de tous les acteurs régionaux au développement, la mise en place d’un système de sécurisation foncière, l’intégration de la dimension météorologique dans le développement régional en sont autant des objectifs de cette axe.

-  Améliorer la performance économique globale : pour ce faire, la Région et ses partenaires accentueront leurs efforts sur l’intégration régionale l’extension du champs d’investissement et sur une grande diversification d’activités économiques.

-  Relancer la culture du girofle : de par son importance dans l’économie régionale, la vieillesse des plantations de girofle est d’autant plus préoccupante pour les planteurs que pour les responsables locaux. Dans une région à vocation rurale, les objectifs de croissance et de la réduction de la pauvreté sont tributaires des performances du secteur agricole. A cet effet, le PRD a retenu la relance de la filière girofle comme l’un des pôles de développement de l’économie régionale.

-  Promouvoir le développement du tourisme et de l’écotourisme : la Région possède un potentiel inestimable mais sous- exploité. Or, avec ses belles plages, ses forêts avec des espèces faunistiques et floristiques endémiques, Analanjirofo est une destination attrayante pour les touristes etécotouristes.

-  Apporter plus d’équité par des mesures socio-spatialement différenciées : les Communes, vu leurs disparités et en tant que fournisseurs de services de proximité, serviront de point d’ancrage pour les actions et mesures entreprises dans cette recherche d’équité. Cette axe rejoint la mission de la Région qui est d’assurer le développement économique et social dans son ressort territorial, de coordonner et d’intégrer les actions de développement initiées à la base. D’où le renforcement de la formation/ information, l’amélioration de l’état de santé des ménages, l’intensification de la lutte contre la malnutrition et la sécurisation alimentaire, le renforcement de la lutte contre les maladies transmissibles et non transmissibles, la promotion du genre et développement, et la promotion de la diversité culturelle comme autant d’objectifs que le PRD se fixe d’atteindre.

LES CONSTATS DE LA PAUVRETE

Les passages fréquents des cyclones et la fluctuation des coûts des produits d’exportation classique ( girofle, vanille, litchis, café) sont parmi les principaux facteurs de vulnérabilités de la population de la Région ; Car ils détruisent à néant ou réduisent considérablement ce qui ont été capitalisés ( sur le plan physique, naturel, financier, social, voire humain) durant plusieurs années. La Région d’Analanjirofo est exposée en permanence aux cyclones et à ces fluctuation des pris des produits de rentes mettant ainsi en dangers constants et réguliers les producteurs et leurs productions. Ces facteurs de vulnérabilité presque constants dans toute la Région d’Analanjirôfo serviront des bases aux grandes caractéristiques de la pauvreté ainsi qu’au mécanisme de paupérisation de la population rurale de la Région.

Des travails de terrains menés dans le Fokontany d’Ambodiampaly, commune rurale d’Ampasimbe Manantsatrana, et dans la commune rurale d’Ampasimazava, district de Vavatenina ont permis d’identifié les grandes caractéristiques de la pauvreté typique de la Région.

Les pauvres dans la communauté d’Ambodiampaly se définissent comme ceux qui ont été victimes des passages des aléas climatiques fréquents et qui par conséquent se trouvent dépourvu de quoi à subvenir à leur besoin au quotidien.

C’est ainsi qu’une femme de la communauté d’Ambodiampaly se déclare ( comme tant d’autres) qu’elle est parmi les victimes de ces cataclysmes naturels lesquels l’a rendue dans sa situation actuelle : « Le cyclone Honorine( 1986), a-t-elle déclaré, l’avait frappé si dur qu’i a détruit à tout jamais ses girofliers, ses caféiers et ses pieds de Litchis ainsi que sa riziculture. Ce qui l’avait contrainte à manger des aliments sauvages de très mauvais goûts. Mais il n’était pas le seul à les faire souffrir, continua –t-elle quelques années après, les cyclones Bonita et Géralda(1994) ont détruis le peu de patrimoine qu’elle possédait ».

Cette situation s’explique par le fait que personne ne se sent à l’abri de ce choc. En effet, les avis sont unanimes quand au degré des risques liés aux catastrophes naturels. Cette opinion est partagée par l’ensemble de la population du village : « la vie est si dur ce temps –ci, ont-ils déclarés. Les cyclones deviennent de plus en pus durs et reviennent plus souvent. Ils frappent fort et vous prennent tout votre capital en n jour. Même si vous avez beaucoup travaillé dans les rizières, vous pouvez tout perdre en un instant ».

 Cette précarité financière, causée par l’absence ou l’insuffisance des revenus est renforcée par l’instabilité des prix des produits de rentes, principaux sources de revenus de la population. Ainsi, nombre de ménages qui possédaient jadis des capitaux financiers tels que girofliers, caféiers ou quelques pieds de Litchis, se trouvent actuellement entièrement dépossédés de leur avoir et vivent dans des conditions lamentables. C’est rares que ces familles mangent du riz 3 fois par jour et à quantité suffisante, signe d’une condition de vie indécente. Il arrive que durant les périodes de soudures qui vont de mois de janvier au mois de mai, ces familles se nourrissent des tubercules sauvages cueillies de part et d’autres.

« Des fois, quand il y a du riz, j’en cuits un peu pour le petit déjeuners, a déclaré Hélène dite Lenina be, une femme de 67 ans ,mais la plupart de temps, comme aujourd’hui, je suis obligée de manger de manioc ou de patates douces. Je mange souvent le reste pour le déjeuner. Il m’arrive même de préparer des fruits à pains que je prends derrière ma maison. Ma rizière ne donne que des produits suffisants pour trois mois seulement quand bien même je suis encore obligée de vendre une partie de la récolte pour moi-même et pour mon fils ».

La difficulté d’accès aux revenus font que ces familles courent auprès des propriétaires fonciers pour travailler comme journalier payer en raison de 1 500 Ariary par jour. Outre le salariat agricole, la distillation des huiles essentielles des girofles constituent les sources de revenus permanentes des familles pauvres.

Les ménages pauvres sont aussi ceux qui ne disposent que de peu de matériel agricole pour mettre en valeur leur parcelle. Même s’ils en ont, ces matériels sont souvent à l’état rudimentaire, pourvu qu’ils n’ont pas assez de moyens pour s’approprier des matériels aux normes technologiques modernes. Ces ménages n’ont que rarement accès au service technique quand bien même celui-ci se trouve à proximité.

En effet ces difficultés financières dues à plusieurs facteurs tels que les conséquences néfastes des aléas climatiques ou de fluctuation des prix des produits de rentes se manifestent extérieurement par l’état physiques des enfants ruraux ( maigre et chétifs), par l’état de leur habitat ( souvent construit en matériaux locaux d’apparence vétuste et rarement réhabilité), par la qualité de leur vêtement ainsi que par l’absence des biens mobiliers.

Cependant, cette pauvreté monétaire se manifeste par la difficulté des parents pauvres à subvenir aux effets scolaires de leurs enfants. Bien que l’Etat ait pris en charges une grande partie des dépenses scolaires ( frais généraux par le biais de subvention, cartables, stylos, crayons, cahiers par le biais de l’aide de l’Etat issue du fonds IPPTE), nombre des parents dont les enfants sont scolarisés dans les écoles communautaires ( nombreuses dans les brousses de la Région) n’arrivent pas à payer la cotisation nécessaire au paiement du salaire des enseignants pris en charges par l’association des parents d’élèves( FRAM).

·         Les facteurs d’accentuation des inégalités, les stratégies développées et les différents facteurs de blocage.

La propriété foncière ( facteurs d’appropriation de capital physique) et la possession de capital mobile comme les zébus et autres produits d’élevages favorisent les inégalités en zones rurales. Néanmoins, la communauté d’Ambodiampaly et celle d’Ampasimazava ne distinguent pas les riches des pauvres dans leur vie quotidienne. Il n’y a pas d’endroit réservé pour les pauvres ou des espaces spécialement réservés pour les riches. On n’y perçoit pas une stratégie spécifique pour réduire l’écart ; mais les relations et les mécanismes de dépendance se constatent dans leur rapport de salariat/ patronat. Cependant, la pauvreté dans la communauté d’Ampasimazava est perçue extérieurement, comme dans bien d’autres villages de la Région, par la case en bambou et vétuste, l’impossibilité d’accès aux biens matériels et encore moins au minimum vital, par la pratique du salariat agricole permanente. Leurs principales caractéristiques communes sont le statut de paysannat sans terre ou peu de terre, la difficulté d’ »avoir une alimentation décente, l’impossibilité de subvenir aux besoins scolaires de leurs enfants et la soumission à une longue période de soudure. Cette difficulté d’accès à l’éducation, renforcée par la faute d’accèsà l’information, faute de moyens financiers en constitue pour les ménages pauvres d’Ampasimazava et d’Ambodiampaly, des facteurs de blocage.

Les aspirations des pauvres

De tous ces constats, des actions sont envisagées par les pauvres et pourraient être menées pour les faire sortir de leur vulnérabilité : leurs aspirations s’orientent surtout vers l’accès à la propriété foncière et l’accès aux revenus des ménages. Car beaucoup de terrains domaniaux restent inexploités alors que les lourdes procédures administratives et les coûts financiers y afférents découragent les paysans pauvres. Toutefois, la mise en place des guichets fonciers uniques dans toutes les communes de la Région y seraient une opportunité à ne pas manquer pour réduire les inégalités financières entre pauvres et riches.

Quant à l’accès aux revenus des ménages, un meilleur prix des produits locaux, comme celui du café en 1993 ou ceux de vanille et girofle en 2001 restent dans la mémoire collectives des pauvres et figure parmi leur rêve eternel.

ANALYSE DE LA CONTRIBUTION DES POLTIQUES A LA REDUCTION DES INEGALITES

·         Aspirations et priorités de développement des institutions.

Les axes stratégiques stipulées dans le PRD comme l’instauration d’une administration de proximité et de mise en confiance ainsi que l’amélioration de la performance économique globale dont les objectifs sont conformes aux aspirations permettent de réduire ces inégalités à condition qu’il y a une volonté politique réelle et des moyens ( financiers, matériels et humains) disponibles de la part des responsables institutionnels. Toutefois, le niveau d’investissement public destiné aux différentes communes, tel qu’il se réalise actuellement ne permet pas d’atteindre ses objectifs, car ces subventions, de par son insuffisance notoire, sont essentiellement utilisées à réhabiliter des infrastructures existantes, et rarement à construire des nouvelles infrastructures de développement. Le recours aux investissements privés semble donc une solution. Mais pour ce faire, il leur faut instaurer la culture de partenariat, la mobilisation des opérateurs économiques ainsi que de tous les acteurs régionaux et locaux de développement : or, cela est déjà stipulé dans les objectifs des deux premières axes stratégiques du PRD d’Analanjirofo.

De plus, compte tenu de ses potentialités agricoles et des axes de développement orientés vers le monde rural, les actions suivantes doivent être menées pour réduire la pauvreté de la population rurale :

Appui technique à la production agricole

L’appui technique à la production agricole contribue à la sécurisation alimentaire de la population rurale et vise l’amélioration des cultures d’exportation. Elle comprend trois sous activité :

-  L’appui à la structure de vulgarisation :

  -  Le renforcement des capacités techniques paysans

  -  les appuis agronomiques notamment en matière rizicole (semences améliorées) et pour la vanille (utilisation des boutures sélectionnées issues de la station comme FOFIFA)

-  Le développement hydro- agricole qui regroupe quatre types d’intervention à savoir :

Les interventions ponctuelles de type micro hydraulique qui consistent à améliorer les anciens aménagements par la réparation ou les remplacements des ouvrages défectueux.

Les actions ponctuelles sur le périmètre moyen en plus des actions prévues dans le cadre de la micro hydraulique, il est prévu que la réalisation des petits ouvrages de type de barrages, bâches de franchissement, partiteurs ; des aménagements de périmètres moyens et l’amélioration du réseau hydraulique par le drainage.

Mise en valeur des anciens défrichements. Cette intervention porte sur : (i) l’identification des projets de culture de rente et leur analyse, (ii) l’élaboration de programme commun de mise en valeur de terrain avec plan prévisionnel de réalisation, (iii) le choix des cultures à pratiquer, la rotation, l’association culturale et la mise en jachère, et (iv) le suivi des cultures, des productions et du mode de faire valoir.

En résumé, puisque le développement des activités agricoles est le principal levier pour préserver le terroir forestier, on se propose d’augmenter les productions par unité de surface et de diversifier les cultures et des revenus. Face à la production de riz qui reste globalement déficitaire dans la zone, la préoccupation du programme vise à augmenter le rendement tant pour la riziculture pluviale que pour les rizicultures irriguées (SRI ). Il est nécessaire de mettre en place une banque de semences améliorées pour éviter le risque de rupture de stock. A ceci s’ajoute la lutte contre les problèmes phytosanitaires, pour une disponibilité sur place des produits phytosanitaires au même rang que les semences et une organisation des prêts pour l’octroi de pulvérisateurs.

Appui technique en matière d’Élevage

Pour promouvoir un développement des métiers d’éleveur, qui se traduit à une amélioration du régime alimentaire, la diversification et augmentation du revenu agricole ; le programme doit intervenir sur les 04 points suivants : (i) l’amélioration de la couverture sanitaire des bovins, (ii) l’amélioration de l’aliment des bétails, (iii) l’introduction de la culture attelée et (iv) l’essai de la production laitière

En face de la méthode encore très extensive de l’élevage des porcs et médiocre en raison de parasitisme, il faut une action de déparasitage, de vaccination contre le peste et de création d’un système qui peut assurer le ravitaillement de ces espèces et ce pour couvrir le déficit en production de viande de porc dans la zone.

A ceci s’ajoute l’action de promotion de l’apiculture et pisciculture, une activité favorable et prometteuse des revenus pour les paysans.

Appui technique gestion des ressource naturelles :

L’importance du capital naturel dans la région d’Analanjirofo conduit logiquement à recommander des action pour réduire la pression de déforestation et dégradation anthropique par l’extension systématique de la gestion communautaire et durable des forêts villageoises. Il faut renforcer à travers de nouvelle voies les campagnes d’information et de sensibilisation auprès des autorités locales, populations locales et aux services techniques en matière de GCF. Insister sur l’urgence de l’adoption d’attitude permettant de préserver les richesses naturelles de la région (y compris la fertilité du sol) à tous les échelons. 

Appui en infrastructure :  

La mise en valeur des capitaux existants dans cette région, notamment le capital naturel et le capital social, passe par un effort soutenu pour l’équipement des zones rurales. Une bonne identification des besoins, une meilleure répartition spatiale des infrastructures et l’adaptation de leur gestion par rapport au système de gestion familier aux populations bénéficiaires conduiraient à des impacts sur les condition d’existences des ménages concernés.

Renforcement de capacités Socio- Organisationnel des Organisations paysannes

Pour assurer la pérennisation des activités et pour la capitalisation des acquis, il est primordial de renforcer l’effort déjà consenti pour appuyer la mise en place et le renforcement des capacités des OP (AUE, COBA, GCV, associations des agriculteurs…) par les activités citées ci-après. De plus en plus de ménages très vulnérables accedent à un niveau de capital plus sécurisant à travers les OP. L’on doit commencer par identifier les OP existantes, leur niveau de gestion, leur fonctionnement et leur besoin d’appui par la conduite du diagnostic socio organisationnel. Ensuite, il y a un besoin de renforcer les capacités socio-organisationnelles des OP à travers l’appui à l’élaboration des statuts et règlement intérieur, à l’appui-formation en gestion, fonctionnement, organisation, planification, mis en œuvre, contrôle et auto-évaluation. La capacité pour le montage et ma mise en œuvre des micro- projets manque au niveau de tous les OP. Jusqu’ici, le transfert de compétence de la part des ONG d’encadrement n’est pas effectif. Enfin, seule la mise en place de structure de relève compétent et efficace par la constitution des Unions et fédérations des OP garantirait une prise en main de la développement rural par les premiers concernés, à savoir la population rurale.


REPUBLIQUE DE MADAGASCAR

Synthèse des résultats de l’enquête FIDA sur les Moyens d’existence durable des paysans pauvres pour

l’Exposé des Options et Stratégies d’Intervention pour le Pays (COSOP)

Avril – Mai 2006


Facteurs de pauvreté identifiés par les pauvres

Situation géographique

Enclavement/accessibilité,

Proximité ville/marché/pôle économique

Accès aux ressources naturelles

Maîtrise de l’eau

Accès à la  terre

Biens/actifs/atouts

Terre (Rizières)

Zébus

Plantations

Matériel/équipements

Habitat/mobilier

Relations

Education

Accès à l’information et aux processus décisionnels

Accès aux services (Santé, hygiène,

AEP, prestations de services privé et public)

Entraide

Statut (Etat civil)

Appartenance sociale

Genre



Analyse des Forces et Facteurs d’inégalité

Forces / Atouts

Contraintes / Facteurs d’inégalité (observés au cas par cas)

Capital naturel

Terre

Aires protégées

Eau

Forêt et ressources végétales

Ressources Minières

Faune  (phacochères, zébus…)

Accès réduit ou inexistant : aux rizières, aux tanety, aux baiboho; surexploitation des sols, diminution de la disponibilité et la qualité des terres – accès régi par règles coutumières ou héritage

Accès à l’eau insuffisant, saisonnier, ou inexistence de sources en eau pérenne

Accès aux ressources forestières et végétales, réduites ou très éloignées, utilisation des racines

Accès aux ressources minières existantes, difficultés  d’accès et répartition des bénéfices

Interdiction de chasser le phacochère et divagation du bétail dans les champs de culture

Capital financier

Épargne sur pied (zébus, élevage à cycle court…)

Revenus de l’agriculture

Revenus liés aux activités illégales (vols, tabac, alcool local, prostitution…)

Artisanat

Institutions financières

Réseaux d’entraide

Revenus par la migration et les activités extérieures et salariat

Capacité de réaction aux chocs liés aux maladies animales et phytosanitaires et cataclysmes naturels

Ressources monétaires insuffisantes : obligation de payer en main d’œuvre, troc ou paiement en nature et recours aux activités illégales  (Investissements limités pour les intrants, matériel  agricole)

Conditions d’accès au crédit difficile : recours aux formes d’accès traditionnel, lien de patronage, conditions d’accès aux IMF non adaptées au contexte…

Faible disponibilité des ressources financières des communes et des investissements publiques en milieu rural

Capital Physique

Habitat

Matériel / équipement / boutiques

Groupe électrogène

Réseau téléphonique

Accès à l’eau potable

Infrastructures communales : locaux administratifs

Ecole primaire

Centre de santé

Infrastructures économiques : route et pistes, greniers  villageois  (GCV), marchés

Puits, barrages traditionnels et modernes

Habitat précaire/inadéquat (maison en terre, toit de chaume…), location et équipements, mobiliers sommaires

Absence de charrettes et de matériel agricole, utilisation de angady et du vélo

Accès à l’eau potable réduit ou inexistant dans la plupart des hameaux, utilisation de techniques traditionnelles

Électrification quasi inexistante et inaccessible, coûts élevés

École construite par les parents et instituteur payé par le FRAM, niveau bas et non conforme aux normes étatiques car difficulté de prendre en charge tous les frais

Accès routier parfois inexistant ou en mauvais état

Peu d’investissement d’infrastructures publiques et économiques (marchés, écoles, CSB, …)

Existence de puits saisonniers et de barrages (pour l’ensemble non fonctionnels)

Difficulté d’accès aux centres de santé, éloignement et  paiement…

…/…


Forces / Atouts

Contraintes / Facteurs d’inégalité (observés au cas par cas)

Capital Humain

Soins de santé

Alimentation diversifiée

Éducation / formation  des adultes

Education des enfants

Hygiène et assainissement

Savoir faire et habiletés techniques en matière agricole, artisanat, pêche, transformation…

Force de travail

Accès à l’information : radio, personnes revenant de migrations, déplacement saisonnier, collecteurs, marchés…

État Civil

Présence et retour des élites locaux

Accès inégal aux soins de santé, recours à la médecine traditionnelle

Malnutrition et sous alimentation

Taux d’analphabétisme élevé chez les adultes, peu de programmes et d’accès à alphabétisation

Faible niveau d’éducation formelle, faible niveau de scolarisation des enfants, présence, motivation, niveau et sous effectif d’instituteurs

Notions d’hygiène et d’assainissement mal connus et non prioritaires

Savoir faire techniques hérités (agricole, artisanat, pêche, transformation…), peu de formation et d’accès aux techniques améliorées

Faible pénétration de l’information parlée, écrite, audio, des structures d’appui…

Présence de projets ne bénéficiant pas aux pauvres

Inscription aux registres d’Etat Civil restreint à quelques uns et

Appropriation des ressources par une élite minoritaire

Capital personnel

Accès et utilisation de l’information.

Capacités d’analyse, de réaction et d’adaptation

Confiance en soi  et auto estime

Capacité d’anticipation

Capacité de gestion 

Intégration au sein de la communauté (travaux et fêtes coutumières)

Difficultés à participer aux processus décisionnels au sein de la communauté ou d‘un groupe et de faire prévaloir leurs spécificités, capacités, besoins et droits :

·      Auto exclusion des plus pauvres face à l’accès et à l’utilisation de l’information. Ne se sentent pas en droit de participer

·      Exclus par la communauté à participer (pression sociale)

Capacités d’anticipation, d’analyse, de réaction et d’adaptation peu utilisées et peu stimulées

Confiance en soi limitée et difficulté à se projeter dans l’avenir. Aspirations spécifiques des femmes (cultures maraîchères, planning familial, borne fontaine) des hommes (menuiserie, intensification des cultures, tracteurs, maisons à deux étages, maison en dur en ville)

Capital social

Famille

Entraide familiale et de lignage

Règles du faire valoir indirect 

Prestige lié à la possession de zébus, grande maison, polygamie, engagement de salariés, enfants formés à l’extérieur, groupe électrogène/vidéo, mobilier…

Tradition et facteur de cohésion sociale

Communication et relation avec les institutions externes

Institutions confessionnelles

Comités de vigilance, FRAM et santé

Associations, organisations

Leaders, administration de proximité

Titres de propriété

Obligation en cas de décès, maladies, fêtes coutumières...

Individualisme dans l’accès aux services et à la richesse. Fragilité de réseaux de solidarité extra familiaux

Jours tabous

Régulation du faire valoir indirect contraignante qui accentuent les relations de dépendance, (recours au métayage)

Faiblesse de mécanismes d’inclusion des plus pauvres aux activités génératrices de revenus, intégration dans les groupements et de représentativité au sein de la communauté

Rôle des institutions confessionnelles par rapport à l’accès et aux bénéfices du développement local

Obligation de participation physique et financière aux comités de vigilance, FRAM et santé

Inexistence ou faiblesse des associations ou organisations (activités économiques, gestion d’infrastructures) Communication et relation avec les institutions externes restreinte ou inexistante

Fort pouvoir décisionnel des Leaders et de l’administration de proximité

Prestige et richesse assurent un accès à l’information, aux biens et services et permet de développer le réseau de dépendances

Difficulté d’accès aux titres fonciers


Chocs et tendances auxquels sont confrontés les pauvres

Relations et influences liées aux institutions et politiques

Chocs/Tendances

Climatiques (cyclones, inondations, sécheresse, …)

Épizooties, invasion, attaques, maladies phytosanitaires

Décès, maladies liées à l’eau 

Durée de la soudure

Vols/sécurité

Dégradation des ressources/érosion

Dégradation des  infrastructures de maîtrise de l’eau et de communication

Dégradation du réseau routier

Tendance des marchés /Prix

Crises politiques

Institutions et Politiques

Environnement  social

Tradition : parcellisation des terres/héritage et réglementation de l’accès à la terre. Concentration des pouvoirs (autorités, leader d’opinion, responsables d’organisations) concernant l’accès à l’information, les relations avec les institutions d’appui, le montage de projets et la création de groupements

Capacités/présence des communes – village d’origine des élus et responsables communaux

Environnement institutionnel

Inexistence/présence rare/ineffectivité des structures déconcentrées, des institutions d’appui, de conseil/formation, et de services aux activités économiques (approvisionnement en intrants, IMF,…)

Influence, présence/importance des marchés, des collecteurs/organisations à vocation coopérative (et de leur réglementation : cartes de producteur ou de pêcheur) sur les activités de production  et sur les prix

Proximité de la ville et des axes routiers, des activités économiques (mines, exploitation forestière…)

Quartiers mobiles/postes avancés (sécurité)

Système de gestion/réglementation des aires protégées et ressources minières

Institutions  confessionnelles

Projets

Politiques publiques (Education pour tous, politique foncière, régionale, communale…)



Stratégies et Aspirations exprimées par les Pauvres

Stratégies des pauvres

Stratégies de survie engendrant des dépendances

  -  Endettement/troc : accès aux semences et autres facteurs de production (pêche, mines, main d’œuvre, …), fêtes coutumières, obligations sociales, décès, frais de santé…)

  -  Main d’oeuvre : source de revenu, survie alimentaire…

  -  Adaptation type et quantité d’alimentation au cours de l’année…

  -  Métayage…

Stratégies d’amélioration des moyens d’existence

  -  Minimisation des risques et optimisation des ressources par la diversification des activités (ECC, artisanat, cultures maraîchères, transformation, cultures de tanety, prospection minière, forêt/charbon, pêche, cultures de rente, petit commerce…)

  -  Défrichements, colonisation des terres les plus fragiles (pentes, sommet collines…)

  -  Migrations et déplacements (Défrichements/exploitation temporaire/saisonnière/permanente de terres agricoles, prospection minière, activité salariée, commerce itinérant, location de terres…)

  -  Mobilisation sociale (FRAM, classes d’alphabétisation, entraide, construction d’école et de salles de classes d’alphabétisation, recrutement d’instituteurs, mutuelle de santé…)

  -  Recours à la médecine traditionnelle

  -  Consommation des produits de la forêt…

  -  Spéculation/épargne (Bovins, GCV, achat d’animaux…)

  -  Recours au micro crédit…

Aspirations des pauvres

1 – Valorisation des ressources

Diversification/intensification/optimisation des cultures, de la pêche, de l’élevage et accompagnement technique

Développement des cultures de rente

Gestion des ressources en eau, lutte anti érosive et reboisement des bassins versants

Diversification des activités et renforcement des capacités : Tourisme, Artisanat, sériciculture ; transformation

2 – Amélioration de l’environnement économique

Approvisionnement en intrants et matériel agricole

Amélioration de l’accès au marché et marchés

Accès aux services financiers

Migrations vers Bongolava et pôles économiques

Réhabilitation du réseau routier

Electrification

Salariat

Machines à coudre

Grenier communautaire villageois

3 – Amélioration de l’environnement social

Education des enfants

Organisation/Renforcement des capacités/genre

Alphabétisation

Hygiène, Assainissement, Santé, Adduction d’eau potable, Planning familial

Accès à l’information

4 – Appui institutionnel

Mise en œuvre de la politique sécurisation foncière

Sécurité publique

Etat civil, Renforcement des capacités des communes, Infrastructures, jumelages

5 – Amélioration du cadre de vie

Habitat

Loisirs, Terrain de foot, Vidéos

 



Propositions pour un travail de réflexion

Propositions d’axes de réflexion

Axes de travail potentiels

Constats

Propositions d’idées de stratégies

Inclusion sociale des pauvres

Enjeux :

Faciliter l’inclusion sociale des pauvres en agissant à la fois sur le renforcement de leurs capacités et compétences et leur environnement institutionnel et matériel.

Permettre aux pauvres d’agir comme acteurs de leur développement, de participer et d’influer sur les décisions.

L’analphabétisme et la faible scolarisation aggravent fortement les processus de marginalisation des pauvres, et sont considérés par eux comme les principaux facteurs d’exclusion.

L’éducation des enfants est considérée par les pauvres comme un facteur central d’intégration des adultes dans les processus éducatifs et informatifs.

Un meilleur accès et une meilleure maîtrise de l’information,  de l’écrit, d’outils simples de gestion, et de leurs droits sont considérés par les pauvres comme un puissant levier d’intégration des processus de développement social et économique.

L’absence d’organisation des pauvres ne leur permet pas de participer aux instances et processus décisionnels pour le développement.  

Prioriser l’implantation de dispositifs éducatifs adaptés à la situation des pauvres

- Soutenir les parents, dans le cadre de leurs organisations (FRAM) pour améliorer  le fonctionnement, la gestion et l’efficacité des écoles

- Adapter les outils de programmation et d’intervention régionaux pour faciliter une répartition plus équitable aux ressources allouées à l’éducation

- Impliquer les communes dans la délimitation des zones sensibles et prioritaires intra communales et régionales, la construction des infrastructures, l’affectation et la prise en charge du personnel enseignant, et l’allègement du poids (cantine, matériel, uniforme,…) des frais de scolarité

- Systématiser l’enregistrement des enfants sur les listes d’Etat Civil (jugement supplétif)

Développer et intégrer les outils d’alphabétisation fonctionnelle pour les adultes pauvres (illettrés et néo alphabétisés) dans le cadre des différentes actions et programmes avec des dispositifs mieux recentrés sur leurs problématiques

Développer les outils de sensibilisation, d’animation,  et de conseil, pour appuyer l’émergence et/ou le fonctionnement d’organisations communautaires intégrant les plus démunis donnant accès à des services aux citoyens (Education civique, information, conseil, défense des intérêts, participation aux instances de décision…)

Renforcer la participation légale (représentation/type d’organisation), et qualitative (appui/conseil) des citoyens dans les instances de concertation pour le développement local et régional (CCD, CRD, GTDR,…)

 

Faciliter l’accès des ruraux pauvres aux services de santé, à l’eau potable et améliorer les conditions d’hygiène et d’assainissement au niveau des ménages et des villages.

Les conditions sanitaires existantes dans les villages pauvres,  s’additionnent fréquemment à une forte vulnérabilité alimentaire, et constituent des contraintes très fortes.

Les déterminants de cette situation sont principalement liés à :

- des facteurs qui favorisent la prévalence des maladies (accès à l’eau, qualité de l’eau,  méconnaissance des mesures d’hygiène, déséquilibres alimentaires,…)

- absence de personnel et d’infrastructures de santé, et coût élevé des soins de santé

D’une part, les mauvaises conditions sanitaires fragilisent la force de travail, principal atout de production des pauvres (maladies, obligations sociales,…), d’autres part elles entretiennent de fortes relations de dépendance (endettement/usure, vente sur pied, nécessité de vendre de la main d’œuvre,…) pour parer aux besoins urgents (achat de médicaments, frais liés aux décès,…).

Renforcer les capacités des communes à investir dans les services publiques dans les villages les plus pauvres (approvisionnement en eau potable, hygiène, assainissement), par l’augmentation des ressources communales à travers le développement d’une fiscalité juste et soutenable orientée vers les services aux citoyens et des transferts financiers accrus de l’état :

- Le développement des capacités des communes de contrôle (Respect des clauses contractuelles…)

Développer les capacités de gestion par les communautés des réseaux  d’AEP, de l’hygiène et de l’assainissement dans les villages (Education, organisation, gestion, entretien, sensibilisation sur les questions d’hygiène et d’assainissement…)

Mettre en place des mécanismes permettant une prise en charge partielle des coûts de santé, eau potable et assainissement à destination des plus pauvres (fiscalité, redevance, « vokatra », mutuelles de santé…)

Renforcer les effectifs des CSB, et développer les consultations itinérantes, et renforcer la santé préventive (formation des accoucheuses traditionnelles)

 

Mettre en place des mécanismes pour améliorer la sécurité des biens et des personnes dans les villages pauvres

Les capacités de capitalisation des familles pauvres sont fortement affectées par la prévalence des vols (animaux, récolte, matériel)

Développer, par le biais des Communes et des Fokotany, les messages d’éducation civique pour le respect des biens d’autrui et des biens collectifs

Appuyer l’effort des populations à rendre efficaces les comités de vigilance mis en place au niveau village

Adapter les mécanismes de contribution à la prise en charge des quartiers mobiles en fonction des possibilités des pauvres

 

Inscrire les stratégies pro pauvres dans une vision communale, régionale et nationale

Les politiques communales, régionales et nationales mettent l’accent sur la croissance économique autour de pôles de croissance ou de filières. Cette croissance vise à avoir un impact rapide sur la pauvreté.

Ces politiques gagneraient à intégrer davantage les spécificités des communautés pauvres et à définir des stratégies adaptées de réduction des inégalités qui prennent en compte:

- La réduction des  « handicaps » structurels (accès à l’information, éducation, enclavement,…)

- Plus d’équité dans l’accès aux ressources et aux services

- Une meilleure redistribution des richesses générées…

- Un appui aux activités économiques  qui sont plus facilement accessibles aux pauvres

- La création d’emplois salariés en milieu rural

Appuyer les régions et les communes à développer une vision équilibrée du développement régional en :

- définissant des critères de différenciation des espaces/communautés fragiles

- mettant en perspective développement économique et  développement territorial

- précisant des stratégies de réduction des inégalités sociales et spatiales (Mesures de « rattrapage », de « mise en confiance » des communautés pauvres, équité dans l’accès aux ressources,…)

- favorisant une meilleure distribution/cohérence des interventions publiques et des investissements privés…

- renforçant le fonctionnement des mécanismes de concertation,  en impliquant les représentants des pauvres dans ces instances, en adaptant les outils de pilotage (tableaux de bord, systèmes d’information…) et en renforçant les obligations de  résultats et de rendre compte.

Augmenter les investissements publics  et les transferts financiers aux collectivités territoriales :

- développer une fiscalité soutenable pour les citoyens

Adapter la pression fiscale en accord avec la capacité contributive des plus démunis

Intégration des dynamiques de croissance

Enjeux :

Permettre aux ruraux pauvres de surmonter leurs principaux handicaps et de s’intégrer progressivement au processus de croissance

Permettre aux pauvres de réduire les risques grâce à un meilleur accès aux services de proximité et au foncier

Faciliter l’intégration des pauvres dans l’économie de marché en vue d’une amélioration significative de leurs revenus.

Différents facteurs de risque influent sur les décisions des familles pauvres, limitant ainsi les investissements possibles pour améliorer les performances de l’exploitation/du ménage, les opportunités d’amélioration des revenus monétaires, et restreignant les possibilités de sortie de la situation de crise et de dépendance actuelle.

La réduction des risques (commercial/prix, financier, foncier, aléas climatiques, maladies phytosanitaires et animales,…) repose sur la mise en place de mécanismes organisationnels qui doivent permettre aux pauvres de mieux maîtriser leur environnement économique, d’accéder aux services « de productivité ». Ces mécanismes faciliteront un meilleur fonctionnement des filières agricoles, pastorales, et de pêche.

Développer des outils de conseil de proximité afin d’appuyer les choix techniques et d’investissement des exploitations/ménages (Valorisation des potentiels et des capacités par rapport aux opportunités/développement des filières) :

- développer les référentiels techniques et économiques

- développer des mécanismes d’information et de formation commerciale et technique

- renforcer les supports de communication (documents techniques, animations, cercles d’études, radios…)

- Promouvoir le concept et les techniques de durabilité (fertilité/conservation des sols, LAE, reboisement, gestion des défrichements/feux de brousse)

- développer un service d’animation « organisation professionnelle » s’appuyant sur une logique « qu’est-ce qu’une organisation me coûte, qu’est-ce qu’elle m’apporte et me rapporte en plus (revenu monétaire, réduction des risques, échanges d’expérience…)

Appuyer les ruraux pauvres à  mettre en place des organisations qui leur permettront de gérer un certain nombre de services (Approvisionnement en intrants, commercialisation, information, conseil, réduction des risques, greniers communautaires villageois,…), de faciliter leurs relations avec les autres interlocuteurs, de défendre leurs intérêts, et de s’insérer par le biais d’organisations par filière dans les processus de gestion concertée de filières et/ou de politiques.

Favoriser l’accès des pauvres aux services financiers, en :

- diversifiant les produits financiers des IMF de façon à mieux répondre aux contraintes spécifiques des pauvres (assurances, crédit éducation, etc.)

- adaptant les conditions d’octroi de crédit à leur réalité (garantie, montage des dossiers, niveau d’alphabétisation, conseil de gestion conditions de paiement et échéanciers,…),

- développant les capacités et les outils d’épargne ;

- rapprochant les services financiers des usagers (Banques mobiles) et en améliorant les conditions de suivi  des crédits (implication des OPA)

Développer les capacités des communes à animer des outils de gestion concertée de l’espace et des terroirs (délimitations, meilleur accès des pauvres au foncier,  modes de gestion, délégation de responsabilités, gestion des conflits, arbitrage, contrôle,…), et à améliorer les conditions des faire valoir indirects.

Analyser l’opportunité d’une réforme agraire

Améliorer les systèmes d’information et d’échanges économiques

Renforcer les outils de gestion des filières et les relations : dialogue interprofessionnel, outils contractuels, mécanismes concertés de régulation (prix), structuration de la filière, veille économique, relation avec l’Etat (réglementation)

Développer des outils de formation professionnelle adaptés aux spécificités des pauvres (Dispositifs de proximité, formation pratique, supports écrits de post alphabétisation, support de gestion, recyclages périodiques, appuis à la ferme, animation d’échanges au village, bourses…)

 

Permettre aux pauvres de tirer davantage de revenus de leurs ressources par la diversification des activités à caractère économique

Le développement des activités non agricoles permet aux pauvres :

- de réduire leur vulnérabilité vis-à-vis de contraintes chroniques du secteur agricole (accès au foncier, faiblesse des marchés, accès aux intrants…)

- de pouvoir améliorer la plus value locale sur les différents produits (transformation, conditionnement…)

- d’offrir de nouveaux débouchés à leur produits : artisanat/tourisme…)

- de fournir certains services au secteur agricole : fabrication d’outils, d’équipements, entretien des équipements…

Ces activités sont particulièrement adaptées aux besoins des groupes plus fragiles (femmes, jeunes,…)

Développer des outils de formation professionnelle non agricole adaptés aux spécificités des plus démunis (Dispositifs de proximité, formation pratique, supports écrits de post alphabétisation, support de gestion, recyclages périodiques…)

Développer des outils de conseil technique et économique de proximité ; il s’agit en particulier :

- de maîtriser la demande du marché

- d’organiser l’offre

- d’offrir du conseil technique et économique (Choix d’investissement, montage de dossiers,…)

- d’appuyer la mise en place d’organisations adaptées à l’organisation de la filière et à la demande du marché…

- …